Incertains Regards n°11 | « Patrick Kermann : La mort en face »
« La frontalité… ou le chemin de la méduse »
5 avril 2022



Parution, ce printemps 2022, aux presses universitaires de Provence, de la revue annuelle Incertains Regards dirigée par Yannick Butel autour de la frontalité et de ses enjeux sur et pour la scène contemporaine.

J’y propose une lecture dramaturgique sur la dernière pièce de Patrick Kermann, Le Jardin des reliques, écrite en 2000, et publiée en 2014 aux éditions Espaces 34 — ainsi qu’un entretien avec l’autrice libanaise Hala Moughanie [1].


Résumé par l’éditeur :

La frontalité est récurrente au « vivre ensemble ». L’un des défis de ce nouveau numéro se résume à la formule de Perec, dans La Vie mode d’emploi, « comment faire du neuf avec du vieux ? ». La frontalité relève d’un héritage linguistique. L’histoire de la frontalité tiendrait dès lors à celle du dialogue, socratique et platonicien. Dialogue et mise en place du petit jeu de « question-réponse » auquel l’œuvre d’art n’échappe pas. C’est ce qui sera interrogé, au prisme d’une histoire des œuvres qui n’ont eu de cesse de tenter d’échapper à cette géométrie figée, mais aussi pour ses enjeux, disons politiques. Questionner au plan esthétique, car les dispositifs artistiques n’ont eu de cesse d’échapper à cette frontalité en en renouvelant les modes d’exposition et de présentation. À l’exemple des formes performatives, participatives et immersives qui sont autant de tentatives de renouveler l’expérience sensible et de problématiser la réception. Interroger au plan politique, car la frontalité, loin d’être un dispositif neutre, induit une domestication des objets créés et du regard qui leur est porté. Questionner l’institutionnalisation du regard, la structuration du champ perceptif qui maintient un ordre représentatif. Revenir alors à « un contact naïf avec le monde ». « Naïveté » de l’œuvre qui se présente, naïveté aussi du regard que l’on pourrait revendiquer comme un moyen de déjouer les règles du jeu où l’œuvre est prise. Histoire peut-être d’échapper à l’effet Méduse lié à la frontalité.


arnaud maïsetti - 5 avril 2022

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